Nous fûmes nombreux à lui adresser un dernier adieu et voici le texte de l´éloge que nous lui avons adressé lors de ses funérailles.
Après plus de trois mois de lutte contre la maladie, notre ami a déposé les armes, laissant bien malgré lui ses proches dans le plus grand désarroi.
Pol était un homme entier, qui ne craignait jamais de dire ce qu´il pensait au risque de déplaire à certains. Cette franchise et cette façon directe d´aborder les choses le caractérisaient.
Outre le caractère essentiel que revêtaient sa vie familiale et une carrière professionnelle bien remplie, au cours de laquelle il pu placer ses qualités pédagogiques au service des jeunes, Pol eut à cœur de s´investir de façon importante dans le monde associatif.
Ainsi Chasseur ardennais un jour, Chasseur ardennais toujours. Alors que pour beaucoup, le service militaire reste un souvenir de jeunesse lointain, pour Pol la qualité de chasseur ardennais occupait son quotidien, et en l´écoutant, on aurait pu croire qu´il y avait passé 50 ans de sa vie.
Il fut d´ailleurs l´un des fondateurs du club de marche des chasseurs ardennais et réalisa dans ce cadre de nombreuses marches dont des grandes distances de parfois plus de 100 km.
Au Fort de Loncin de même, tout le monde s´était habitué à entendre rugir sa tronçonneuse et à le voir déambuler dans les couloirs le pinceau à la main et le sourire aux lèvres.
Pol était également quelqu´un que l´on pourrait qualifier d´honnête et de probe. Il avait pour principe de respecter les autres mais il exigeait une même attitude d´autrui. Il faisait partie de cette génération qui ayant connu les privations de la guerre, connaissait la valeur des choses et le sens de l´amitié et de la fraternité.
Ainsi, Pol est parti, il est passé de l´autre côté. Si grande soit notre tristesse, elle ne peut nous conduire au découragement. Même si la mort ressemble à une bibliothèque qui brûle, les idées et le souvenir de notre ami Pol resteront gravés dans nos coeurs.
Pour conclure, je me propose de vous lire un petit texte que Pol aurait peut-être pu ou voulu nous écrire :
L´amitié ne disparaît jamais, la mort n´est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce d´à côté.
Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.
Donnez-moi les noms que vous m´avez toujours donnés.
Parlez de moi comme vous l´avez toujours fait.
N´employez pas un ton différent.
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Pensez à moi, buvez en ma mémoire.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Que mon nom soit prononcé dans vos réunions,
comme il l´a toujours été,
sans emphase d´aucune sorte, sans une trace d´ombre.
La vie signifie ce qu´elle a toujours signifié.
Elle est ce qu´elle a toujours été.
Le fil n´est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées ?
Simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l´autre côté du chemin.
Vous voyez tout est bien."